Les trois soeurs

November 7, 2017

Mai 2017… De retour d'une résidence de recherche-création de 2 mois en Alsace (à L'IEAC), je me

suis retrouvée devant un projet de création énigmatique. Mon travail avec le vivant (Histoire d'un jardin éphémère), a profondément bouleversé ma perception de ce qu'est ma pratique. Qui suis-je, que fais-je et pourquoi? De grandes questions existentielles qui peuvent s'appliquer au quotidien autant qu'à l'ensemble du parcours d'une vie.

 

Je me suis penchée sur mon travail en me demandant ce que j'allais faire de ces végétaux qui germent, laissent leurs traces dans l'argile, et meurent. Oui c'est beau! Oui c'est symboliquement très fort! Mais une fois que j'ai compris cela, je m'arrête à ça? Sinon j'en fais quoi? Je répète indéfiniment les mêmes gestes en sachant que les semences vont germer pour ensuite mourir? En Alsace j'avais déjà compris que cette partie là de mon travail avait un sens très important pour moi et pour ceux qui étaient témoins du processus de germination dans l'argile. Mais pour les autres, les pièces de céramiques cuites étaient plutôt anodines, voir peu intéressantes.

 

De retour chez moi j'ai pris le temps de regarder vraiment les photos d'archives. J'ai alors compris que mon projet en était un de témoignage et d'hommage à la force et à la poésie du vivant. J'ai spontanément entamé un travail numérique à partir de mes photographies. Mais je voulais aller plus loin encore. Je voulais m'impliquer entièrement dans le processus de reproduction des images, autant que je m'étais impliquée dans le processus de création des pièces. Un matin en me réveillant j'ai pensé à Luce.

 

J'ai rencontré Luce Dumont à l'UQAR dans le cadre d'une formation universitaire. Son travail en arts visuels m'a tout de suite énormément plu. La gravure sous toute ses formes m'attire depuis toujours et justement Luce travaille beaucoup par gravure. La personne aussi m'attirait. Luce dégage une force tranquille qui me donne l'impression de parler à quelqu'un qui écoute vraiment. Je l'ai contacté pour lui demander son aide dans un projet de gravure… et un jour de juillet, j'ai pris la route de St-Fabien. J'ai eu la chance de travailler avec elle, dans son atelier, sur un projet de gravure qui incarnait, je le sentais, une étape importante sur mon parcours.

 

Mon travail avec les végétaux a été une forme de catalyseur qui m'a permis de voir sous un angle différent mon rapport à ma pratique. Je me définissais comme verrier et céramiste. Mais en regardant de plus près mon parcours j'ai compris que le verre et l'argile sont mes médiums de prédilection mais que ce qui compte c'est de me donner le droit d'utiliser le médium, quel qu'il soit, qui sert au mieux le propos de j'aborde.

 

Donc voilà Les trois soeurs, une linogravure conçue et imprimée dans l'atelier de Luce.  Ce n'est que partie remise car depuis j'ai la piqûre et des projets de gravure j'en ai d'autres...

 

 

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